Comment l'œil voit les couleurs
Au fond de l'œil, la rétine compte trois sortes de cellules sensibles à la couleur : les cônes. Chacune réagit surtout à une partie de la lumière, avec un pic vers 420 nanomètres (le bleu-violet), 534 (le vert) et 563 (le jaune-vert), d'après les mesures de Bowmaker et Dartnall (1980). Le cerveau compare ensuite ces trois signaux. C'est cette comparaison qui fabrique toutes les couleurs que vous voyez.
Deux couleurs presque pareilles font réagir les cônes presque pareil : plus votre vision est fine, plus vous remarquez un petit écart. La lumière de la pièce, la fatigue et l'âge jouent aussi. Après un sommet chez le jeune adulte, la finesse baisse lentement, puis plus vite après 60 ans, surtout entre le bleu et le jaune (Paramei et Oakley, 2014). L'âge n'explique pourtant qu'une partie des différences entre personnes.
Ce test n'est pas un test de daltonisme
Le daltonisme (on dit aussi « trouble de la vision des couleurs ») touche environ 8 % des hommes et 0,4 % des femmes d'origine européenne (Birch, 2012). Il se dépiste avec des planches spéciales, comme celles d'Ishihara, et d'autres tests faits par un ophtalmologiste ou un orthoptiste. Ces planches sont protégées et pensées pour un examen avec un professionnel : nous ne les copions pas.
Notre jeu mesure autre chose : la finesse avec laquelle vous repérez une petite différence de nuance, sur votre écran. Une personne daltonienne peut très bien y réussir, surtout sur les écarts de clarté. Si vous confondez souvent certaines couleurs, le rouge et le vert par exemple, parlez-en à un ophtalmologiste.
Trois façons d'être différente : clarté, intensité, teinte
Chaque grille cache un seul type d'écart, tiré à tour de rôle :
- La clarté : la case est un peu plus claire, ou plus foncée.
- L'intensité : la couleur est un peu plus vive, ou plus terne.
- La teinte : la couleur glisse vers sa voisine, le bleu vers le violet, le jaune vers l'orange.
Les écarts sont calculés dans OKLab, un espace de couleurs publié en 2020 par Björn Ottosson pour que les distances suivent ce que l'œil perçoit. Un même écart se voit donc à peu près autant sur un bleu que sur un jaune. Dans votre résultat, l'écart est donné sur une échelle où 100 sépare le noir du blanc. Le jeu commence à 10, puis l'écart diminue de 13 % à chaque niveau. En fin de partie, vous voyez quel type d'écart vous a le plus trompé.
Pourquoi votre écran compte autant que vos yeux
Aucune norme publiée ne permet de comparer ce score selon l'âge : les écrans ne sont pas réglés pareil, et la recherche mesure la vision des couleurs sur papier ou avec du matériel réglé en laboratoire. Plusieurs choses changent votre score :
- la luminosité de l'écran et la lumière de la pièce ;
- le filtre de lumière bleue ou le mode nuit, qui faussent justement l'axe bleu-jaune ;
- l'écran lui-même : un écran ordinaire n'affiche que 256 niveaux par couleur primaire, ce qui limite les plus petits écarts. C'est pourquoi le jeu ne descend jamais sous un écart de 0,5.
Le bon usage : comparez-vous à vous-même, sur le même appareil, dans la même lumière.