Comment fonctionne ce calcul d'espérance de vie ?
Le point de départ est la table de mortalité de l'Insee pour les années 2022 à 2024. Elle donne, pour chaque âge, la part des personnes qui décèdent dans l'année. D'après cette table, une fille qui naît aujourd'hui vivrait en moyenne 85,4 ans, et un garçon 79,7 ans. À votre âge, la table donne le nombre d'années qu'il reste en moyenne à vivre.
Cette moyenne mélange tout le monde : fumeurs et non-fumeurs, sportifs et sédentaires. Chaque habitude que vous indiquez multiplie votre risque de décès de chaque année à venir par un chiffre tiré des grandes études (par exemple, le risque d'un fumeur est environ 3 fois celui d'une personne qui n'a jamais fumé). Puis l'espérance de vie est recalculée, année après année.
Pour rester prudent, l'effet total des habitudes est plafonné, il diminue peu à peu après 70 ans (les études trouvent des écarts plus faibles chez les plus âgés), et les drogues ne s'ajoutent pas au tabac et à l'alcool. La fourchette refait le calcul avec les marges d'erreur publiées par chaque étude.
D'où viennent les chiffres ?
- Mortalité en France : Insee, table de mortalité 2022-2024, par âge et par sexe.
- Tabac : Jha et al. (2013), plus de 200 000 adultes américains ; Pirie et al. (2013), plus d'un million de femmes britanniques ; Doll et al. (2004), 34 439 médecins britanniques suivis 50 ans. Pour la France, la part des décès dus au tabac vient de Santé publique France (Bonaldi et al., 2019).
- Poids : Global BMI Mortality Collaboration (2016), 239 études sur quatre continents, chiffres pour l'Europe.
- Activité physique : Moore et al. (2012), 654 827 adultes.
- Alcool : Wood et al. (2018), 599 912 buveurs dans 19 pays riches.
- Sommeil : Cappuccio et al. (2010), 16 études, 1,4 million de personnes.
- Drogues : trois méta-analyses sur l'usage régulier d'opioïdes (Larney et al., 2020), de cocaïne (Peacock et al., 2021) et d'amphétamines (Stockings et al., 2019).
- Causes de décès : Inserm-CépiDc et Drees, causes de décès en France en 2024.
Quand un facteur n'a pas de chiffre assez solide, il n'est pas calculé, et la page le dit : c'est le cas du cannabis, du sommeil long et de la cigarette électronique.
Qu'est-ce que l'« âge santé » ?
C'est l'âge auquel une personne aux habitudes moyennes a le même risque de décès dans l'année que vous. Par exemple, un homme de 50 ans qui fume 10 cigarettes ou plus par jour a, d'après ce calcul, à peu près le risque d'un homme de 59 ans aux habitudes moyennes. C'est une autre façon de lire le même chiffre, arrondie à l'année.
Ce n'est pas un test d'âge biologique : il ne mesure ni vos organes, ni votre sang, ni vos cellules. Avant 30 ans, le risque change très peu d'un âge à l'autre : le calculateur donne alors un écart en pourcentage plutôt qu'un âge.
Ce que ce calculateur ne dit pas
Il ne dit pas combien de temps vous allez vivre. Il donne la moyenne d'un groupe de personnes qui vous ressemblent sur quelques points. Dans ce groupe, les durées de vie varient beaucoup : c'est pourquoi le résultat indique aussi l'âge que dépasserait la moitié de ces personnes.
Beaucoup de choses comptent et ne sont pas prises en compte : vos maladies et vos traitements, vos antécédents familiaux, votre alimentation, votre environnement, votre métier ou votre niveau de vie. Les études utilisées observent des groupes : elles montrent des liens, pas toujours des causes. Enfin, les causes de décès affichées sont des statistiques de population : elles ne disent jamais de quoi une personne mourra.
Pour un avis sur votre santé, parlez-en à votre médecin.
Vivre plus longtemps en bonne santé : ce qui compte le plus
- Ne pas fumer, ou arrêter : c'est le facteur qui pèse le plus. Il n'est jamais trop tard : arrêter à 30, 40, 50 ou 60 ans fait regagner en moyenne environ 10, 9, 6 ou 3 années de vie (Doll et al., 2004).
- Bouger un peu, puis davantage : 150 minutes par semaine d'activité qui essouffle un peu, comme le recommande l'OMS. Mais chaque minute compte, dès la première.
- Garder un poids stable et raisonnable : le risque monte nettement au-delà d'un IMC de 30, et aussi en dessous de 18,5.
- Limiter l'alcool : Santé publique France recommande au maximum 10 verres par semaine, au maximum 2 verres par jour, et des jours sans alcool.
- Se faire suivre : votre médecin connaît les dépistages et les examens utiles à votre âge.